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Portage salarial ou SASU : combien vous reste-t-il réellement à la fin du mois ?
Par Elodie S.Rédactrice éditorialePublié le 9 septembre 20268 min de lecture
Avec 9 000 € facturés, le revenu réellement disponible dépend des frais de gestion, des cotisations, de la comptabilité, de la protection sociale et du temps administratif.
Lorsqu’un freelance compare le portage salarial et la SASU, il regarde souvent une seule donnée : le montant estimé de son revenu net. Mais ce chiffre ne raconte pas toute l’histoire. Frais de gestion, comptabilité, assurance, protection sociale, temps administratif, trésorerie immobilisée… Une solution qui paraît plus rentable sur le papier peut finalement vous coûter davantage.
Le chiffre d’affaires n’est pas votre revenu
Prenons un consultant facturant un TJM de 500 € pendant 18 jours par mois. Son chiffre d’affaires mensuel atteint 9 000 €. Cependant, ces 9 000 € ne correspondent pas à ce qu’il recevra sur son compte personnel.
En portage salarial, il faut notamment tenir compte des frais de gestion de la société de portage, des cotisations sociales, des éventuels frais professionnels remboursés et des services et assurances inclus dans l’offre.
En SASU, les coûts sont différents : cotisations liées à la rémunération du président, frais comptables et bancaires, assurance responsabilité civile professionnelle, outils de facturation et de gestion, impôt sur les sociétés et éventuelle fiscalité personnelle, ainsi que le temps consacré aux obligations administratives. Pour évaluer ces obligations selon votre situation, consultez notre annuaire des cabinets comptables.
Les simulateurs officiels de l’Urssaf permettent de comparer plusieurs statuts et d’obtenir une estimation adaptée à sa situation. Une simulation reste néanmoins indicative, car le résultat dépend du niveau de rémunération, des dépenses professionnelles et de la situation fiscale du freelance. Consultez les simulateurs de l’Urssaf sur mon-entreprise.urssaf.fr.
Le coût invisible que beaucoup de freelances oublient
Une SASU peut offrir davantage de liberté dans la gestion de la rémunération. Mais cette autonomie demande aussi du temps.
Si vous consacrez cinq heures par mois à la comptabilité, aux déclarations, aux factures et aux échanges administratifs, ce temps possède une valeur. Pour un consultant facturant 500 € par jour, une journée non facturée représente déjà 500 € de chiffre d’affaires potentiel.
À l’inverse, le portage salarial simplifie une grande partie de la gestion administrative et permet au consultant de se concentrer sur ses missions. Cette simplicité a toutefois un prix : les frais de gestion, dont le montant et les services inclus varient selon les sociétés.
Ne comparez pas seulement le pourcentage affiché
Une société annonçant 5 % de frais de gestion n’est pas automatiquement plus intéressante qu’une société affichant 7 %.
Il faut également vérifier l’assiette utilisée pour calculer les frais, l’existence d’un plafond mensuel, les services réellement inclus, les frais additionnels éventuels, les délais de versement du salaire, la gestion des frais professionnels, l’accompagnement commercial et administratif ainsi que les conditions de sortie.
Le bon indicateur n’est donc pas uniquement le taux annoncé, mais le revenu final obtenu pour un même chiffre d’affaires, avec un niveau de service comparable.
Alors, portage salarial ou SASU ?
Le portage salarial peut être particulièrement adapté si vous recherchez un statut salarié et une gestion administrative simplifiée, une solution rapide pour commencer une mission, un accompagnement pour gérer vos contrats et votre facturation, ou davantage de temps à consacrer à vos clients.
La SASU peut être plus pertinente si vous souhaitez piloter librement votre rémunération et votre trésorerie, développer une véritable structure, supporter vous-même la gestion administrative ou construire un projet entrepreneurial à long terme.
Il n’existe donc pas de statut universellement plus rentable. Le meilleur choix dépend de votre TJM, de votre nombre de jours facturés, de vos frais professionnels et du temps que vous acceptez de consacrer à la gestion.
Découvrez ce que vous pourriez réellement conserver
Avant de choisir une société, comparez plusieurs offres sur des critères identiques.
L’objectif n’est pas seulement de trouver le taux de frais le plus faible, mais de repérer l’offre qui vous laisse le meilleur équilibre entre revenu net, sécurité, services et simplicité.
Comparez avant de signer. Quelques points de différence peuvent représenter plusieurs centaines, voire plusieurs milliers d’euros sur une année.
À retenir
- Comparer le revenu réellement disponible plutôt que le chiffre d’affaires
- Intégrer les frais de gestion, cotisations, assurance et comptabilité
- Valoriser le temps administratif nécessaire en SASU
- Utiliser les mêmes hypothèses de TJM, de jours travaillés et de frais pour comparer