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Prix de l’essence : la facture grimpe aussi pour les indépendants
Par Elodie S.Rédactrice éditorialePublié le 19 septembre 20268 min de lecture
Déplacements, missions, rentabilité et TJM : comment la hausse du carburant modifie les frais professionnels des freelances, consultants et salariés portés.
Entre les déplacements chez les clients, les rendez-vous commerciaux et les missions loin du domicile, la voiture reste indispensable pour de nombreux indépendants. Lorsque le prix de l’essence augmente, chaque déplacement professionnel coûte plus cher. Pour les freelances, consultants et salariés portés, il faut donc regarder au-delà du prix affiché à la pompe : selon le statut et la manière dont les déplacements sont pris en charge, une partie de ces dépenses peut entrer dans les frais professionnels.
Le carburant peut peser directement sur une mission
Quelques centimes supplémentaires par litre semblent parfois anodins. Mais pour un consultant qui parcourt plusieurs centaines de kilomètres chaque mois, l’addition devient rapidement significative.
Avec 1 000 km de déplacements professionnels par mois et un véhicule consommant 7 litres aux 100 km, il faut environ 70 litres de carburant. À 1,70 € le litre, cela représente 119 € par mois. À 1,90 €, la dépense passe à 133 €, puis à 140 € avec un litre à 2 €. Sur une année, il faut encore ajouter les péages, le stationnement et l’entretien.
Micro-entreprise : les frais ne sont pas déduits au réel
En micro-entreprise, le professionnel bénéficie d’un régime simplifié avec un abattement forfaitaire selon la nature de son activité. Il ne déduit donc pas individuellement chaque dépense professionnelle réelle de son chiffre d’affaires dans le cadre du régime micro.
Un plein d’essence, un billet de train ou un repas professionnel ne vient pas directement réduire le chiffre d’affaires déclaré selon son montant réel. Lorsque les déplacements deviennent fréquents, le poids des frais doit donc être intégré dans le calcul de rentabilité de la mission.
En société, il faut distinguer et justifier les dépenses
Pour un indépendant en SASU, en EURL ou dans une autre structure, le traitement des déplacements dépend de la nature de la dépense, de l’utilisation du véhicule et des règles fiscales et comptables applicables.
Les dépenses doivent avoir un caractère professionnel et être correctement justifiées. Il est essentiel de conserver les factures et de distinguer les trajets professionnels des déplacements personnels. En cas de doute sur la déductibilité ou le traitement fiscal d’une dépense, vérifiez la situation auprès d’un expert-comptable.
En portage salarial, vérifier la politique de frais
Le portage salarial fonctionne différemment : le consultant signe un contrat de travail avec une société de portage tout en réalisant ses missions auprès de ses clients. Selon la société, le contrat, la mission et les règles applicables, certains frais peuvent être pris en compte lorsqu’ils sont engagés pour l’activité et correctement justifiés.
Cela peut concerner certains déplacements, transports, hébergements ou repas professionnels. Mais toutes les sociétés de portage n’appliquent pas nécessairement les mêmes modalités opérationnelles. Les frais de gestion ne doivent donc pas être le seul critère de comparaison.
Comparer une société au-delà des frais de gestion
Un consultant très mobile n’a pas les mêmes besoins qu’un développeur travaillant à 100 % depuis son domicile. Avant de choisir une société de portage, demandez quels frais sont acceptés, quels justificatifs sont nécessaires, comment sont traités les déplacements et s’il existe des plafonds.
Le délai de remboursement, la gestion des frais refacturés au client et les restrictions liées à la mission peuvent aussi modifier le revenu net final. Le bon indicateur est le coût global et le revenu réellement disponible, pas uniquement le pourcentage de frais de gestion affiché.
Recalculer son TJM avec les déplacements
Le TJM ne devrait pas être déterminé uniquement à partir du salaire net souhaité. Il doit aussi tenir compte des coûts nécessaires pour réaliser la mission : carburant, usure du véhicule, péages, stationnement et temps passé sur la route.
Deux contrats facturés 550 € par jour peuvent avoir une rentabilité très différente si l’un est réalisé à distance et l’autre impose trois jours de présence par semaine chez un client situé à 80 kilomètres. Une mission qui semblait rentable à la signature peut devenir moins intéressante lorsque le prix de l’essence augmente.
Télétravail et mobilité deviennent des critères de comparaison
Passer de cinq à deux jours de présence hebdomadaire peut représenter plusieurs milliers de kilomètres évités sur une année. La négociation du télétravail peut donc modifier l’équation économique d’une mission autant qu’une hausse du TJM.
Le traitement des frais professionnels, la transparence du bulletin de salaire, les assurances, les services proposés et les modalités de remboursement doivent être comparés avec le même soin que les frais de gestion.
Réduire l’impact du carburant sur son activité
Avant d’accepter une mission, estimez le nombre réel de kilomètres mensuels, les péages, le stationnement et le temps de trajet. Comparez ensuite cette charge au chiffre d’affaires généré et au nombre de jours effectivement facturés.
Pour les consultants en portage salarial, comparez précisément les politiques de frais des différentes sociétés avant de signer. Cette vérification peut éviter qu’un taux attractif ne masque un remboursement limité ou des justificatifs difficiles à réunir.
À retenir
- Intégrer le carburant, les péages et le temps de trajet dans la rentabilité réelle d’une mission
- Ne pas confondre le traitement des frais en micro-entreprise, en société et en portage salarial
- Vérifier les justificatifs, plafonds et délais de remboursement avant de signer
- Comparer le revenu réellement disponible plutôt que les seuls frais de gestion
- Négocier le télétravail et ajuster le TJM lorsque la mobilité devient importante