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SASU ou portage salarial : quel statut choisir pour se lancer ?
Par Elodie S.Rédactrice éditorialePublié le 8 septembre 20269 min de lecture
Créer une SASU ou rejoindre une société de portage : deux façons de travailler en indépendant, avec des niveaux différents de liberté, de protection et de gestion.
SASU et portage salarial permettent de travailler avec ses propres clients, mais ces deux choix ne répondent pas au même besoin. Le bon statut dépend surtout de votre priorité : construire une entreprise, ou démarrer rapidement avec une gestion administrative déléguée.
La SASU est une société dont vous êtes l’associé unique et, le plus souvent, le président. Vous facturez vos clients au nom de l’entreprise, vous choisissez votre organisation et vous pouvez conserver une partie de la trésorerie dans la société. En contrepartie, vous devez créer et piloter la structure, tenir sa comptabilité, produire ses déclarations et anticiper les coûts qui ne se résument pas aux seules cotisations.
Le portage salarial repose sur une relation à trois parties : vous trouvez et réalisez la mission, la société de portage facture le client, puis vous verse un salaire après déduction des cotisations et des frais de gestion. Vous conservez une autonomie commerciale, tout en bénéficiant d’un contrat de travail et d’un accompagnement pour la facturation, les bulletins de paie et une partie des démarches administratives.
La différence se voit directement dans le calcul du revenu. En SASU, le chiffre d’affaires ne devient pas automatiquement votre salaire : il faut tenir compte des frais, des cotisations, de l’impôt sur les sociétés et de la rémunération choisie. En portage, le montant disponible dépend notamment du chiffre d’affaires encaissé, des cotisations, des frais de gestion, des frais professionnels et des règles de la société. Comparez toujours les deux options avec le même TJM, le même nombre de jours et les mêmes dépenses.
La protection sociale n’est pas identique. Le président de SASU rémunéré relève du régime général en tant qu’assimilé salarié, sans assurance chômage automatique au titre de son mandat. Le salarié porté cotise comme salarié pour les dispositifs prévus par son contrat, mais les droits dépendent de la situation et des conditions applicables. Demandez une simulation détaillée plutôt que de vous baser sur le seul montant net annoncé.
La SASU devient intéressante lorsque vous avez une activité régulière, des investissements à financer, des frais importants ou l’envie de bâtir une entreprise qui pourra évoluer. Elle permet aussi de choisir entre rémunération et mise en réserve de bénéfices, avec des obligations comptables et fiscales à assumer. Elle demande donc davantage d’anticipation, même si un expert-comptable peut vous accompagner.
Le portage salarial convient souvent mieux pour tester une activité, démarrer une mission rapidement, éviter la création d’une société ou sécuriser la gestion des premiers mois. Il est particulièrement adapté aux prestations intellectuelles et aux consultants qui veulent rester concentrés sur leur développement commercial. Vérifiez cependant le barème de frais, les délais de paiement, les règles de réserve et les conditions de remboursement des frais professionnels.
Pour décider, listez vos priorités sur les douze prochains mois : niveau de chiffre d’affaires prévisible, besoin de trésorerie, envie de recruter, volume d’administratif acceptable, protection recherchée et visibilité sur les missions. La meilleure option n’est pas la même au lancement et après plusieurs années. Il est aussi possible de commencer en portage puis de créer une société lorsque le modèle économique est stabilisé, à condition de préparer correctement la transition.
À retenir
- Choisir la SASU pour construire et piloter sa propre entreprise
- Choisir le portage pour démarrer avec une gestion administrative déléguée
- Comparer les deux statuts avec les mêmes hypothèses de chiffre d’affaires
- Vérifier les règles sociales, fiscales et contractuelles avant de signer